Coupe de France des Clubs 2011 à Parthenay

COUPE DE FRANCE 2011

Une coupe France pour un club de D2 école de triathlon 2 étoiles c’est forcément un grand événement inratable. Pour la deuxième année consécutive, Parthenay offrait un superbe cadre et un parcours idéal pour les triathlètes comme pour les spectateurs. Après un été indien bien agréable, la météo du week-end est venue nous ramener à la triste réalité de l’automne et de sa grisaille frisquette. Température extérieure de 14° à 16°, température de l’eau de 15°. Un temps à ne pas mettre des toulousaines ou toulousains dehors!

Passons à l’actualité et aux exploits sportifs. 5 équipes étaient au départ des différentes épreuves au programme:

1- Hommes: Nico, Jérémy, Pierre-Antoine,
2- Femmes: Marion M, Marion P, Laura, Marie, Virginie
3- Junior/Cadet: Paul, Valentin, Antonin
4- Cadet/Minime: Charlie, Marco, Tom, Seb P
5- Masters: Steph, Didier M, Hervé

Pour les hommes et les jeunes, c’est désormais une habitude, pour les masters un retour après le forfait de l’an dernier et pour les filles une grande première car si les filles avaient participé chez les jeunes l’an dernier, c’est bien à l’élite sénior qu’elles se mesurent cette saison. Après les 4 équipes de Gruissan puis de Parthenay 2010, le Sud Tri Perf aligne donc cinq équipes cette année. Reste à trouver des filles pour l’an prochain et le STP sera présent sur toutes les courses dans toutes les catégories.

Pour les équipes du samedi, hommes et femmes, le départ est fixé vendredi après-midi. Un camion, une Espace et sa remorque et l’increvable Mercier-mobile servent de moyens de transport à la première vague de compétiteurs. Les garçons arriveront assez tôt pour repérer le parcours vélo mais surtout pour atteindre l’hébergement déniché par captain Nico. Le vide à l’Est, le néant au Sud, rien au Nord et le désert agricole à l’Ouest mais un lieu d’une grande convivialité avec chambrées de 8, grande cuisine vastes sanitaires et salle de vie géante. Une fois l’itinéraire maitrisé, il ne faut que 15-20 minutes pour atteindre le site de course. Bien mieux que le 1ère classe de l’an dernier.

Seul problème, pas de télé pour visionner le match de rugby du samedi matin. Seuls les I-Phone et autres gadgets de geeks permettent de suivre de loin sur timbre poste les exploits de nos rugbymen. Pendant ce temps, les coaches vont chercher les dossards de nos triathlètes «élites». Les filles trop modestes vous diront qu’elles ne sont pas «élites» mais quand on participe à la Coupe de France le samedi après-midi, on est élite, il faudra s’y habituer les filles! Seul le classement du soir permet de savoir si on parle d’élite plus, d’élite moyenne ou d’élite moins…

Après une pasta party improvisée le midi, tout le monde part sur le site pour ne pas rater l’ouverture du parc. N’ayant pas le don d’ubiquité, Fred doit céder le coaching des filles à votre serviteur qui hérite ainsi d’un groupe de cinq filles certes stressé par le contexte particulier mais toujours soudé et motivé. Marion M, nommée capitaine en chef sait qu’elle peut compter sur l’expérience de Virginie et sur la volonté de ses jeunes coéquipières : Marion, Laura et Marie toujours aussi enthousiastes quand il s’agit de courir en équipe.

Fred de son côté doit dompter les chevaux de course de l’équipe D2. Après les quatre étapes de D2, la mécanique est rodée. Le contre la montre d’Angers a donné des ailes à nos triathlètes qui visent un top 20 soit au moins 6 places de mieux que l’an dernier. Du côté de filles, les ambitions sont plus modestes en terme de résultat mais le défi est ailleurs: rester ensemble le plus longtemps possible en finissant avec le sourire. Environ 1h30 de joie partagée au programme.

A voir les traits tirés des filles et des garçons à la sortie de l’eau, sur le vélo ou encore dans les pelouses du parc de Parthenay, on aurait pu craindre que le plaisir ne soit pas au rendez-vous mais à y regarder de plus près, ce qu’on pourrait prendre pour des rictus ressemble à de larges sourires. Les nombreuses photos des supporters/reporters en témoignent.

Et la course dans tout ça? Pas de surprise chez les hommes avec un Seb toujours à l’aise dans l’eau avec ses partenaires dans les pieds. Sur le vélo, Nico, Seb, Jérémy et Pierre-Antoine font tourner les jambes tandis que Thomas commence à payer les efforts consentis dans l’eau. Les quelques mètres de retard dans l’eau aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Thomas n’est pas dans un bon jour. Après quelques kilomètres, Thomas se rend à l’évidence et demande à ces coéquipiers de le laisser terminer en roue libre, plus de carburant dans le moteur. Une fois les chevaux lâchés, la belle mécanique va au bout du parcours vélo à très très vive allure. Dans l’euphorie, Seb va même enfiler ses chaussures et partir sur le parcours course à pied avec ses trois acolytes. Quelques centaines de mètres plus tard, il doit lui aussi capituler et laisser à Pierre-Antoine le difficile rôle de troisième homme. Celui qui souffre mais doit aller au bout. Nico va devoir servir de pousseur pendant plusieurs kilomètres ou comment courir moins vite en se dépensant plus! A l’arrivée, sous les hourras des supporters et de leurs deux partenaires laissé en route, notre trio atteint aisément l’objectif top 20 en accrochant une 18ième place conforme à leur niveau du moment.

Pendant ce temps, les filles s’échauffent puis se lancent dans le grand bain froid. Belles figures de style sur le ponton : sauts, départ dans l’eau, plongeon artistiques… Groupées sur les 350 premiers mètres, les filles font montre d’une grande cohésion. Marion M prend alors les devants pour aller préparer le parc à vélo. Les autres arrivent ensuite en ordre légèrement dispersé. Ceci ne les empêchent pas de repartir à cinq sur le parcours vélo.

Avec une première partie de parcours (5km) en montée presque permanente même si le pourcentage est faible, les failles démarrent par le gros morceau. On craint pour les plus jeunes qui n’apprécient guère ce genre d’exercice. Il en faut plus pour décourager nos guerrières en herbe qui déclareront plus tard dans l’après-midi qu’elles n’avaient pas trouvé le parcours si difficile que ça. Les poules mouillées sont donc du côté des garçons…

Toujours groupées comme les 5 doigts de la main, les filles posent le vélo avec un large sourire prêtes à attaquer sans trembler les 5 km de course à pied. Pour Virginie dont le dos crie au secours et le mollet dit stop, c’est 5 km de trop. La promenade dans le Gatinais se termine dans le parc à vélo. Elle laisse les jeunes finir le travail. Dès les premiers mètres on sent Marie en limite de rupture. Ses difficultés en natation l’ont entamée, les jambes ne suivent plus. Laura et les Marion décident alors de la laisser finir à son rythme et d’accélérer la cadence. Au bout d’un tour, c’est Marion P qui commence à souffrir. Marion M doit la pousser pour l’aider à en finir avec cette course à pied interminable. Derrière, Marie refuse d’abdiquer et continue à son rythme. Elle a décidé de finir cette course, personne ne l’en empêchera! Quel courage, les supporters sont admiratifs. A cent mètres de la ligne, Marion M rate son dernier virage et se retrouve à terre, petite frayeur et grosse douleur au genou mais avec l’aide de ses coéquipières, elle se relève et passe la ligne avant de s’effondrer. Fatigue, décompression et choc sur le genou, il faut l’intervention des secouristes pour remettre Marion sur pied. Signe encourageant, fière de la course de son équipe, Marion n’a jamais arrêté de sourire, même sur la civière! Entre temps, Marie requinquée a accéléré sur le deuxième tour à pied et elle finit déçue de ne pas voir tenu mais fière d’être allée au bout de sa course et de ses forces. Le résultat de nos filles : 52ième à quelques secondes du Toulouse Tri et 3 places du TOAC. Pour une première c’est très encourageant. Qui a dit qu’il n’y avait pas de filles dans ce club ? Quand à l’objectif plaisir il est largement atteint. Une vraie réussite.

Le temps de plier, grignoter et faire les courses pour le repas du soir des jeunes, il est presque l’heure pour nos compétiteurs du jour de rejoindre la fameuse soirée de la Coupe de France. Pour les commentaires sur cette soirée, voir le coach et Virginie qui supervisaient la soirée des équipes homme et femme. Du côté de la chevalerie du Thouet (l’hébergement du Sud Tri Perf au milieu du centre de nulle part), c’est l’effervescence, Pierre, Nadia et Cathie aux manettes pour préparer l’apéro et les spaghetti à la bolognaise. Les plus expérimentés des jeunes sont déçus de ne pas suivre les plus grands et les filles mais la plâtrée de Bolognaises va leur remonter le moral. Pas de classement officiel sur le plat de pâtes mais le trio Cathie, Nadia, Pierre a sans conteste sortit une grosse performance digne de l’élite de la Bolognaise et de la rondelle de saucisson. Le plat de pâtes ingurgité, les jeunes vont au lit et nous gratifient d’une bagarre générale dans le dortoir façon guerre des boutons.

Dimanche matin, place aux courses de jeunes et de vieux, le réveil est plus difficile pour certaines que pour d’autres. En revanche, certains extra-terrestre de l’équipe D2 ne passent même pas par la case dodo!

Il ne faut pas traîner car le parc ouvre à 8h et l’hébergement doit être laissé propre… Un peu en vrac mais presque à l’heure, la troupe du STP débarque sur le site et commence à préparer le matériel pendant que le coach récupère les dossards. Il fait encore nuit et nos jeunes ne sont pas encore réveillés. Charlie, en l’absence de son père dont les exploits mécano-artistiques sur le championnat de France de duathlon restent dans toutes les mémoires, a tenu à prouver combien la mécanique était le point fort des Mercier en passant toutes ses vitesses arrières à sec. Un petit clac plus tard, le câble de dérailleur rend l’âme. Bon démarrage pour l’équipe Cadet/Minime et son capitaine! Sans l’intervention de notre Mc Gyver attitré (Hervé bien sûr), Charlie était bon pour faire 20 km sur le petit pignon. Au final, il hérite d’un pignon fixe intermédiaire qui lui a permis d’entretenir son tour de mollet.

Dans la précipitation, tout le monde arrive à déposer son matériel en temps et en heure.

Quelques minutes d’échauffement plus tard, les 7 garçons ont enfilé la combinaison et sont prêt à tester l’eau qui a encore perdue 0.1° dans la nuit… Les mines sont rieuses jusqu’au moment de goûter l’eau. L’excitation et l’envie de courir le plus vite possible réchauffent les esprits de nos jeunes. Premiers à s’élancer, les junior/cadet vont faire un superbe plongeon avant de démarrer plein gaz. Valentin, en grand spécialiste de la gestion de course raisonnable (tant que je ne suis pas rôti je fonce), donne l’exemple et laisse à peine Paul se caler devant. 500 m plus tard, il le paye lourdement et si Paul réapparait sur le dos, Valentin se bat avec la surface de l’eau avec assez peu de succès. Malgré l’impression laissé par cette bagarre, le chrono indique que nos trois gaillards n’ont pas chômé. Reste à enfourcher le vélo pour affronter le parcours vélo. Pendant ce temps, 4 minutes derrière, les plus jeunes partent à l’assaut de leur super-sprint. Charlie dans le rôle du grand frère a pour mission de canaliser ses trois fougueux partenaires. Marco que seule l’eau dans la bouche empêche de parler, Seb que seule l’eau froide empêche de bouger et Tom que seul Paul arrive à faire taire au milieu de la nuit, sont déchaînés. Départ aussi déraisonnable que les grands pour un chrono quasi identique à celui des cadet/junior avec un Seb en difficulté derrière les trois autres. Lui restera-t-il des forces pour finir? Alors que les grands avaient réalisé une transition particulièrement propre, les plus jeunes ont faillis faire s’étouffer de désespoir le coach Fred. Marco, rattrapé par sa fougue légendaire va nous faire un coinçage de combi fantastique. Plus d’une minute de perdue par rapport aux cadet/junior! Adrien va encore avoir du boulot pour l’hiver. Il reste 6 mois pour faire comprendre à Marco la différence entre vitesse et précipitation.

Sur le vélo, la puissance de Paul et Antonin associée à la pugnacité de Valentin font merveille. Encore une minute dans la musette pour les minime/cadet qui doivent aider Tom qui découvre quasiment le vélo pour l’occasion. Pour un novice, il apprend vite. Avec Seb en montées, Marco en descentes et Charlie en montées et en descentes pour l’aider, le pousser, l’encourager, Tom parvient à limiter les dégâts et finir avec ces trois camarades de jeu. A la posée du vélo, les C/J ont repris encore une minute aux M/C.

L’écart va-t-il évoluer en course à pied ? Au risque de casser le suspense, la réponse est non! A la seconde près, nos deux équipes font le même temps. Groupés et solidaires, les plus grands font une course à pied solide en aidant Valentin qui garde le sourire comme toujours mais commence à souffrir sérieusement. En ordre beaucoup plus dispersé avec Captain Charlie à l’avant et Seb en poisson pilote pour Marco les plus jeunes dispersent leurs forces avec Tom qui fait le yoyo entre 5 et 10 m derrière les trois autres. Seb pousse un peu Marco, Tom revient de temps en temps et Charlie montre la voie mais avec un peu plus d’organisation, nos quatre mousquetaires auraient peut-être pu claquer un joli temps sur ce parcours typé cross qui leur convenait mieux qu’aux grands. Antonin, Valentin et Paul finissent avec un grand sourire à la 14ième place pas si loin que ça des meilleurs. Avec deux minutes de plus au compteur, on retrouve les plus jeunes à la 26ième place. Tous sont ravis de leur course et se promettent de revenir en découdre avec les meilleurs jeunes de France dès l’an prochain. Bel esprit d’équipe pour nos jeunes qui se sont mutuellement encouragés dans un esprit collectif qui fait plaisir aux encadrants que nous sommes.

Pour les masters, nom anglo-saxon voulant dire vieux mais en moins péjoratif, c’est l’heure du départ. Les jeunes ont fini et l’heure du supplice aquatique approche pour Didier, toujours aussi aquaphobe et dans une moindre mesure pour Hervé dont les nageoires commencent à pousser à force de faire des longueurs. En bon coach capitaine, je tente de les échauffer tout en les relaxants mais la tension est palpable. Départ dans l’eau pour Didier, plongeon académique pour Hervé sous ma surveillance. Malgré de très gros progrès en natation, Didier souffre et l’eau fraiche le pétrifie. Hervé, chargé de faire la trace reste bien en ligne et réussit un bon début de parcours. Il semble dans sa bulle et oublie presque que Didier mène un combat sans merci avec une eau qui semble lui refuser tout appui en s’évertuant à le glacer jusqu’aux os. Sortis de l’eau dans un temps à oublier mais entiers et en parfait état de marche nos trois masters enfourchent leurs capricieuses montures pour tenter de dompter le parcours vélo jugé roulant par les filles. Est-ce le poids des ans ou la natation douloureuse, le parcours s’avère plus compliqué que ce que les filles ont voulu faire croire. Les vieux couinent mais s’accrochent. Au demi-tour, Hervé, dans un accès de fougue digne de Marco, dévisse de la roue avant et nous crédite d’une cabriole qui lui aurait valu un 10 en note artistique. Malheureusement, cette chute lui rapporte surtout des plaies et des bosses. Il en faut plus pour décourager un master et nos valeureux hussards posent le vélo bien décidé à clore le week-end par une course à pied toute en finesse. Didier et Steph sont bien mais Hervé est dans le dur. A l’énergie et quelques poussettes plus tard, c’est main dans la main que les trois franchissent la ligne pour une 32ième place très satisfaisante. Avec cette arrivée, c’est le week-end sportif convivial du STP qui s’achève sur une belle note de solidarité.

Un grand merci à tous les jeunes et moins jeunes qui ont porté avec courage, brio et bonne humeur les couleurs de notre petit club de Midi-Pyrénées qui n’en finit pas de monter. L’an prochain, on essaiera de faire encore mieux, et en qualité et en nombre.

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