Triathlon de Montluçon 2012

Après un ou deux triathlons de mise en jambe, l’heure des épreuves «sérieuses» sonne pour les jeunes avec la demi-finale Sud-Ouest de triathlon jeunes à l’étang de Sault, aux portes de la bucolique et trop méconnue cité de Montluçon. En ordre plus ou moins dispersé, c’est un convoi de 6 véhicules qui converge vers le centre du centre de la France. Pour les scientifiques, on ne devait pas être loin du barycentre! Une chevauchée fantastique version champêtre nous amène à traverser des départements aussi célèbres que la Corrèze, la Haute-Vienne et la Creuse pour échouer en Allier. Comme prévu, c’est à 17h que nous nous retrouvons sur le site de l’étang de Sault. Le site est joli, l’organisation au top (vaste parking bien organisé) et l’eau plutôt chaude (environ 18°C). Toutes les conditions sont réunis pour faire une belle perf.

Le temps de décharger les montures de nos jeunes candidats à la qualification et de récupérer les dossards, c’est vers 18h que nous partons en reconnaissance du parcours vélo. La boucle proposée (à parcourir une fois pour les minimes, deux pour les autres) est finalement plus exigeante que ce que la vidéo disponible sur le site du TAM ne le laissait penser. Après avoir longé le lac sur moins d’un km, commence une longue succession de bosses qui finissent par user, ceux qui feront le premier tour en sur-régime risquent de le payer sur le deuxième. Seb et Tom qui avaient plutôt mal géré l’exercice à Saramon sont prévenus. La qualité du revêtement est médiocre et certains virages sont dangereux, attention aux chutes, il faudra être vigilant…

La reconnaissance terminée, la plupart des jeunes, encadrés par Loïc dans le rôle du grand frère, vont rejoindre à vélo l’hôtel au centre de Montluçon. Est-ce la faim qui les tiraillent ou le stress qui monte? Tous vont faire preuve d’une grande efficacité pour s’installer très rapidement dans les chambres de l’hôtel où nous retrouvons avec plaisir une forte délégation de Tri 12. Direction le Flunch de Montluçon pour un repas en commun. Le plaisir d’être ensemble semble l’emporter sur la tension qui monte mais le contenu des assiettes donne quelques indications sur le niveau de stress des uns et des autres. Deux catégories se dégagent: les boulimiques et les anorexiques! Je ne citerai bien sûr pas de noms, vous pouvez cependant me contacter pour des confidences privées…

Au retour à l’hôtel, petit partie de «time’s up» avant d’aller se coucher pour une nuit de sommeil plutôt agité pour certains. Les minimes qui ouvrent le bal (Estelle, Marco et Camille une jeune de Tarbes qui a fait le voyage avec nous) doivent se lever très tôt pour pouvoir digérer leur petit déjeuner avant le départ de la course. Les plus grands vont gagner une heure de sommeil et nous rejoindre à vélo pour le départ des minimes.

En comptant les 3 adultes inscrits sur le sprint open, on retrouve 14 participants du STP aux départs des différentes courses de la journée:

  1. Minimes G/F: Estelle, Marco
  2. Juniors/Cadettes: Koralie
  3. Juniors/cadetsJ: Paul, Charlie, Steven, Damien, Antonin, Thomas M, Seb P, Tom
  4. Open: Thomas V, Loïc, Steph

Une heure avant le départ de la première course, nos minimes (départ groupé garçons et filles) sont prêts à en découdre avec les jeunes venus des quatre régions concernées par cette demi-finale: Aquitaine, Auvergne, Limousin, et Midi-Pyrénées.

Marco qui a maintenant engrangé pas mal d’expérience est concentré sur son objectif. Entouré de ces parents toujours là pour le soutenir et de son coach Adrien, il semble plus serein que sur ces dernières courses. Estelle de son côté semble beaucoup plus tendue. Elle sait qu’elle manque d’entrainement et se met la pression toute seule. Nous passons du temps à l’échauffement pour essayer de la convaincre qu’il lui suffit de faire sa course pour accrocher son ticket pour le lac de Madine. Ça l’aide un peu, mais c’est quand même la boule au ventre qu’elle prend le départ.

Le temps est idéal, le soleil brille, le vent n’est pas encore levé, l’eau est toujours aussi bonne. Au coup de pistolet, la ruée vers la première bouée commence. La faible pente permet aux spécialistes de faire plus de 50 m en dolphin, les autres nagent dès les premiers mètres. Quelle que soit la méthode, c’est la cohue, les coups pleuvent! Marco très vite détaché devant évite la lessiveuse tandis qu’Estelle détachée… derrière passe également entre les coups. Sur un supersprint, pas de question à se poser, il faut être à bloc. A ce petit jeu, Marco est un artiste! Il sort de l’eau dans le groupe de tête (6ième). Estelle a beau avoir les bases techniques, elle paye cash son manque d’assiduité aux entrainements piscine (la faute à un planning sportif incompatible entre le tri et la GRS, l’heure du choix va tomber). A la sortie de l’eau, elle accuse un retard conséquent sur les meilleures mais la qualif reste à porté de vélo et course à pied! Auteur d’une première transition calamiteuse (impossible d’ouvrir cette fichue combinaison!), Marco va perdre environ 30 secondes sur les meilleurs en transition. Sur de telles distances, c’est rédhibitoire. Adrien assiste impuissant au désastre au bord du parc à vélo. Heureusement, Marco se rattrape très vite en faisant un parcours vélo de haute volée qui lui permet de poser le vélo dans un groupe de chasse derrière les meilleurs. Pour Estelle, le vélo est également un point fort et les 10 km du parcours vont lui permettre de se replacer plus confortablement en vue de la qualification.

Pour se faire pardonner, Marco nous fait une seconde transition de feu, comme quoi le travail paye. Les heures passées avec Adrien donnent des résultats. Lorsque Marco sera branché sur courant continu plutôt que sur l’alternatif, on ne l’arrêtera plus! Estelle pose également le vélo en bonne position et nous gratifie d’un départ course à pied impressionnant voire inquiétant tellement ça va vite… La suite donnera tort aux inquiets puisqu’Estelle finira sur un bon rythme malgré ce départ ambitieux. Aussi costaud à pied qu’il a pu l’être à vélo, Marco poursuit sa démonstration et termine en trombe. Une superbe cinquième place vient couronner ce joli parcours. Le ticket qualificatif validé sans problème, Marco peut encourager Estelle qui qui vient cueillir une dixième place également synonyme de qualification. Carton plein chez les minimes!!!

Alors que les minimes sont encore en course, Koralie n’en mène pas large lorsqu’elle dépose ses affaires dans le parc à vélo. Malgré les conseils du coach et de papa, elle appréhende. Si la natation ne l’inquiète pas trop (l’eau est clairement son élément), la course à pied et surtout le vélo l’effraient. La combinaison un peu petite va-t-elle lui laisser les épaules assez libres? Va-t-elle pouvoir monter les bosses sans trop souffrir? Comment courir après avoir fait 20 km à vélo? Beaucoup de questions sans réponse à l’heure de prendre le départ. Bien placée, Koralie démarre sur un bon rythme et reste longtemps dans le groupe de tête. Les premières sont visiblement plus habituées à ce type d’effort et Koralie lâche prise par rapport aux meilleures. Cela ne l’empêche pas de sortir en très bonne position (cinquième junior). La transition est correcte malgré une fermeture éclair récalcitrante. Une fois montée sur la vélo, une autre histoire commence. Les cyclistes font tourner les jambes et Koralie commence à voir passer les fusées une à une. Sa vitesse décroit en même temps que son moral. Il faut attendre de très longues minutes pour voir revenir Koralie de son petit tour de vélo dans la campagne Montluçonnaise. Les traits sont tirés mais Koralie garde le sourire. Il reste deux tours à pied, en dixième position, Koralie n’a plus le droit à l’erreur, une place de perdue et c’est la qualif qui s’envole. Bien que la foulée soit techniquement propre, Koralie semble avoir laissé des forces à vélo. Dès le premier tour elle se fait reprendre et n’arrive pas à se caler dans la foulée de celle qui va finalement la priver de championnat de France. Comme l’an dernier, le STP n’enverra pas de cadette ni de junior aux France. Nos filles progressent d’année en année mais ça ne passe pas encore. Koralie n’est finalement pas si déçue que ça, l’expérience a été riche en enseignements. Elle conclue qu’il lui faut se mettre au travail à vélo pour éviter ce genre de déconvenue à l’avenir. Saine conclusion, les copines seront ravies de la voir gonfler la troupe du dimanche matin sous la houlette de nos néo BF5: Hervé et Marie.

Le plus important contingent de STPistes est à l’échauffement lorsque Koralie en termine. Pas moins de 8 cadets et juniors s’apprêtent à prendre le départ du sprint cadet/junior. Chacun évacue la pression à sa manière, les plans, stratégies et autres conseils plus ou moins sérieux s’échangent sans que les uns écoutent vraiment les autres. La concentration est là. Chacun sait ce qu’il a à faire, ils ont tous bien bossé, reste à restituer en course ce qui a été bien préparé à l’entrainement. Facile à dire…

Damien dont la préparation a été retardée par une opération à la jambe est inquiet. Il sait qu’il sera juste mais son tempérament de battant peut faire des miracles. Antonin est fébrile, tiendra-t-il son rang lui qui s’est habitué à vivre les championnats de France de l’intérieur? Steven et Paul sont sereins, ils n’en sont pas à leur coup d’essai et disposent normalement d’une marge confortable. Reste à ne pas se louper. Charlie handicapé par une cheville douloureuse réussira-t-il à courir à la descente de vélo? Seb qui a raté de peu son ticket l’an dernier et Tom, novice, sont tendus. Ils ont le niveau mais manquent d’expérience, tiendront-ils la distance? Pourront-ils rester dans les roues à vélo? Enfin, Thomas semble tranquille, presque distant. Pas de pression, pas de doute, Thomas n’envisage même pas de ne pas se qualifier, lui qui a gagné la demi-finale en minime l’an dernier n’a qu’une idée en tête, aider les copains de club à se qualifier.

Malgré le gros bouillon au départ, nos cadets/juniors vont bien négocier la longue partie natation qui doit faire plutôt 800 m que 750 m. A ce jeu, on voit souvent un STPiste aux avant-postes. Pas étonnant donc de voir sortir Steven en tête de la horde. Plus étonnant les 20 m d’avance qu’il a sur le reste de la troupe. Le travail réalisé cet hiver porte ses fruits pour l’ainée des Nizan. Pas loin derrière, on retrouve Paul qui grâce à une meilleure transition va enfourcher son vélo dans la roue de Steven. Antonin juste derrière n’aura pas cette chance et n’accrochera que le groupe de chasse. Il reste cependant idéalement placé. Les quatre mousquetaires sortent ensuite groupés: Tom, Charlie, Seb et Thomas. Tom et Charlie partent roue dans roue 15 m devant Thomas et Seb. Ce sont malheureusement 15 m de trop pour ces derniers qui n’arriveront jamais à combler le retard. Il faut attendre un peu pour voir émerger Damien du milieu du peloton. Les chronos en piscine ne cessent de s’améliorer mais Damien tarde à traduire ses progrès lorsqu’il nage en eau libre. Patience, le travail fini toujours par payer…

Pas de gros bouleversement à vélo puisque les trois duos vont restés constitués sur tout le parcours sans que les écarts ne se creusent réellement. Pour les solitaires (Antonin à l’avant, Damien au milieu) l’aventure se complique. Damien victime d’une chute se blesse au genou mais peut repartir. Antonin parti très fort sur le premier tour (trop fort?) va prendre un gros coup de bambou dans les bosses à l’entame du second tour. Repris par le groupe de Tom et Charlie dans lequel Tom fait le plus gros du travail en faisant montre d’une cylindrée impressionnante, Antonin nous fait le coup de la panne. Le mental lâche en même temps que le physique pour une lente déconfiture. Incapable de tenir le rythme, il se fait lâcher par Tom et Charlie avant, presque arrêté, de voir passer le groupe de Thomas et Seb qui le laisse sur place. S’en est trop pour Anto qui decide de lâcher l’affaire, dommage car malgré ce gros coup de pompe, en s’accrochant, il aurait peut-être pu gagner sa place pour le lac de Madine. Mais quand la tête lâche, impossible de faire répondre les jambes. Il restera cependant des tas d’occasions à Antonin pour démontrer ses grandes qualités de triathlète.

Lorsqu’ils posent le vélo, Paul, Steven, Tom, Charlie, Thomas et Seb sont dans une position idéale pour aller cueillir la qualif comme on ramasse les feuilles mortes à la fin de l’automne! Il ne leur suffit plus qu’à assurer à pied pour ne pas perdre trop de places et le tour sera joué. Paul part prudemment pendant que Steven, éprouvé par le vélo, donne quelques signes de faiblesse. Tom semble mieux qu’à Saramon mais sa foulée reste lourde après le vélo d’extra terrestre qu’il vient de sortir. Charlie, Thomas et Seb en crossmen avertis sont à l’attaque. Seb, sans doute frustré par ces longs mois sans courir, part comme une balle et rattrape très vite Thomas pourtant parti fort. Malheureusement, après l’avoir dépassé, un méchant point de côté va l’obliger à s’arrêter pendant de longues secondes tandis que Thomas et Charlie restent à leur rythme. Alors que Paul déroule à l’avant, le classement final se dessine. Charlie et Thomas sont revenus sur Steven qui souffre, tandis que Tom victime de sa générosité à vélo se fait reprendre petit à petit par tous ses partenaires. Il ne s’effondre pourtant pas. Paul termine 5ième junior et 6ième au scratch, alors que les cinq autres se tiennent en environ 1 minute. Joli tir groupé en junior (Paul, Charlie, Steven font 5, 7 et 8) et encore mieux en cadet (Thomas, Seb, Tom font 3, 4, 6) soit 6 qualifiés pour les championnats de France. Damien, boitant bas après sa chute à vélo, franchit la ligne trop tard pour espérer se qualifier. A environ 5 minutes du sésame, Damien n’a rien à regretter même s’il rêvait de faire mieux pour sa dernière année chez les jeunes.

Pour finir cette journée, deux revenants (Thomas V et Loïc) et un revenu (mézigue) sont au départ du sprint open aux côtés de la star du jour: Etienne Diemunsch. Inutile de vous dire que nous ne côtoierons pas la star très longtemps. Même Thomas et Loïc, pourtant auteur d’une bonne natation, ne verrons plus le vainqueur du jour avant l’arrivée. Thomas devant, Loic pas très loin pendant que je barbote joyeusement à quelques encablures… Après avoir tranquillement longé le lac à vélo, les choses sérieuses commencent. Les bosses qui ne payent pas de mine ne sont finalement pas si anodines que ça. Dès le premier tour, les jambes brûlent. Thomas, pas au mieux et Loïc en manque de kilomètres ont du mal à mettre en route. Après avoir pris quelques roues efficaces, je reprends Loïc qui parvient à s’accrocher pendant un demi-tour. Thomas reste devant mais il reste loin de son niveau. Le deuxième passage dans les bosses est fatal à Loïc qui perd la roue et finit au mental. Au parc à vélo, environ une minute d’écart entre chacun de nous. J’ai à peine fait un demi-tour que le souffle rauque du vélo ouvreur vient me caresser la nuque! A peine le temps de me retourner et un missile vert me double: finalement nous revoyons Etienne avant l’arrivée puisqu’il nous prend un tour!!! Nous finissons 17, 22 et 27ième sous les vivats des cadets/juniors restés pour nous encourager. Une belle course qui conclut une belle journée.

Au final, superbe week-end frais mais ensoleillé dans une ambiance conviviale. On notera la grande solidarité entre tous les jeunes qui n’ont pas manqué de s’encourager, se féliciter ou se réconforter pendant ces 2 jours. Les qualifiés ont su trouver les mots et les gestes pour regonfler le moral des éliminés, tous, sans exception, méritant les félicitations pour le sérieux dont ils ont fait preuve avant et pendant la course. Joli score pour le STP avec 8 qualifiés sur 11! Le rendez-vous est pris pour le championnat de France le samedi 2 juin au lac de la Madine.

Une réflexion au sujet de « Triathlon de Montluçon 2012 »

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